Dites-nous en plus sur le projet « Kids Save Ocean »

 

Et bien, sous le générique “Kids Save Ocean”, tous les projets sont liés, très simplement, par l'envie mobiliser les enfants sur le sujet de l'environnement de notre planète. De leur donner l'opportunité d'avoir un rôle considérable dans l'histoire de notre monde et de son futur. Tout ce que l'on entreprend émerge de ce message et de ce point central.

Ça a l'air génial, comment tout cela a commencé ?

L'an dernier, j'avais une classe avec des enfants de 12 ans. Je rattrapais des lectures accumulées sur la tragédie croissante de la pollution des océans et j'ai proposé de construire une baleine composée de déchets afin de les sensibiliser à ce problème. Les enfants ont été géniaux. Ils étaient tellement passionnés, vraiment intenses, dans leurs entreprises et actions pour cette cause. C'était un peu un acte de foi de tenter un tel projet avec des enfants si jeunes. Mais ils ont été féroces. De vrais super-héros ! Je suis sérieux. Ça a prit plus de 6 mois pour terminer la baleine à bosse, ce qui paraît interminable lorsqu'on a 12 ans, ou n'importe quel âge d'ailleurs. Mais une partie d'entre eux a tenu bon jusqu'à la fin.  Je suis encore impressionné. Regardez simplement les photos de la baleine pour voir ce qu'ils ont créé. C'était le début de tout ça. Je ne parle plus seulement de la baleine, mais de leur énergie. Ça a cultivé tout ce qui est venu ensuite. Ça m'a donné la force d'aller plus loin. Ça a supprimé tous mes doutes. Les enfants sont remarquables quand l'opportunité leur est proposée.

Est-ce que tous les enfants étaient convaincus de vous voir réussir la construction de la baleine géante ?

Non, quelques-uns étaient sceptiques. Mais l'art est une exploration amusante de ce qui est possible et comment trouver le chemin pour transmettre ce que tu ressens. Et comme tout dans la vie, c'est forgé avec l'impardonnable risque de l'échec. L'art est une moment de suspense qui jamais ne cesse. Et tant que vous les prévenez que tout cela peut se terminer en beau désastre,  ils sont partants. C'est une bon entraînement pour la vie en général.

Et le sommet des enfants aux Nations-Unies est arrivé ensuite ?

Tout à fait. Nous n'étions pas satisfaits de la réception de notre sculpture, donc, avec leurs efforts, j'ai composé une offre aux Nations-Unies de Vienne. Et elles ont immédiatement été d'une grande aide et soutient. J'ai rencontré Martin Nesirky, Irene Höglinger-Neiva et Maria Naderhirn, les responsables du service des renseignements des Nations-Unies. Tous avaient d'excellentes idées et un aperçu sur comment aller de l'avant. Un trio dynamique plein d'idées. Je leur suis extrêmement reconnaissant. Le sommet se tiendra le 22 juin, le premier sommet mondial des enfants « Clean Ocean ». Nous sommes très fiers, et les enfants sont extatiques. Vous pouvez imaginer leur ravissement quand ils ont apprit que ça allait avoir lieu ! Il y a plus d'informations à ce propos sur notre site internet. 

Ensuite est arrivé l'application FateChanger ?

Oui, l'idée de l'application m'est venue au début. Je voulais donner aux enfants un outil qui leur permettrait d'apprendre plus de choses sur la pollution des océans et les responsabiliser afin de partager leur ressentis et influencer les dirigeants de leur pays, ainsi que suivre les résultats. J'ai fabriqué la dernière partie car les enfants ont écrit pour essayer de protéger la forêt Amazonienne, et rien ne s'est produit, et ça ne m'a pas plu du tout. C'était comme si nous avions déposé nos lettres dans des trous noirs. Alors l'application remplit ce trou. On en vient à la fois où je découvre VolunteerMatch pour la première fois, une plate-forme mondiale géniale pour les bénévoles. J'ai mit en place notre organisation, écrit l'idée essentielle de mon application, et envoyé des demandes aux bénévoles. Quatre jours plus tard, j'avais reçu une première réponse. Je n'y croyais pas. Parth, qui vient d'Inde, un type génial. Il a écrit quelque chose comme : « c'est fantastique. Je vais t'aider. » Je crois que j'ai pleuré. Et tout cela a amené non seulement au développement de l'application, mais également à une affluence de bienveillance qui parcourait le monde entier à travers VolunteerMatch. Cela fait maintenant seulement plus de 4 mois, et j'ai été contacté par plus d'une centaine de bénévoles souhaitant aider avec tous les aspects du projet Kids Save Ocean. C'est formidable. Incroyable.

Et que représentent toutes les expositions ?

Lorsque nous étions en pleine construction de la baleine, je l'ai pensé pour le transport. J'espérais et j'avais l'intention qu'elle nage au-delà des frontières de l'école telle une une pièce qui éduquerai le grand public sur le problème de la pollution des océans et le projet des enfants. Les Nations-Unies étaient très intéressées à l'idée de l'avoir en exposition durant le sommet, mais malheureusement leur espace avait déjà été réservée. Je suis toujours en train de chercher une solution créative. Il est prévu que la baleine et les matériaux d'affichages soient également envoyés au plus grand aquarium d'Autriche, the Haus des Meeres, en 2020 après la construction d'une nouvelle aile. Ils ont plus de 600 000 visiteurs par an, ce qui est incroyable. Nous avons naturellement tous hâte, et sommes reconnaissant du soutient du PDG Franz Six et du directeur Michael Mitic, ainsi que de l'aide de l'extraordinaire Michael Artaker, qui nous a aidé à nous mettre en relation. Je suis toujours en train de travailler sur le programme des autres expositions, et je garde en tête le Musée technique de Vienne, où je peux aisément imaginer une exposition qui combinerait le projet de l'histoire de la baleine avec celle du plastique même.

Et collaborer avec des artistes talentueux est aussi l'un de vos points principal ?

Nous sommes en plein développement de projets intéressants pour la jeunesse, et je souhaite que tous partagent la même philosophie de design : branché, inspiré de la culture du surf, parsemé d'une dose de rock and roll, et dénué de toute connerie chiante. En tant que prof, j'ai parfois mal pour les étudiants. Tellement de livres et films et que sais-je ont l'air d'être faits par des personnes de 80 piges pour un public dans une maison de retraite. Je prévois de collaborer avec de grands artistes en tous genres pour construire des matériaux qui, bien que toujours ancrés dans la pédagogie, capte l'imagination des enfants : choquant, surprenant, enchantant, vrais, motivants et saisissants. David Carson, au génie artistique et graphismes visionnaires et intuitifs, a généreusement proposé de s'occuper de nos graphismes. Ce n'est pas un mauvais départ. Je prévois de contacter des acteurs, directeurs, chanteurs et auteurs qui seraient intéressés pour concrétiser ce projet de donner aux enfants une voix résonnante à travers le monde.

Qu'est-ce que le rapport « Kids Save Ocean » ?

C'est un projet qui à ce stade sommeille encore. Mais l'idée est que chaque année, pour la Journée Mondiale des Océans, des enfants de tous pays iront à une conférence de presse pour communiquer les résultats des rapports générés par les enfants eux-même sur l'état de leurs pays respectifs quant à la question de la protection des océans. Est-ce que leur pays est progressiste ? Va-t-il de l'avant ou en arrière ? Est-ce que leur pays est en haut ou en bas de la liste en terme de comment ils abordent la question ? Et tous ces rapports vont être donnés dans le contexte de métrique commune et mondiale : le ratio de pollution plastique à celui des poissons. Est-ce que le ratio a augmenté ou baissé ? Quelle est la tendance ? Qu'est-ce que cela veut dire pour les écosystèmes et organismes des océans ? Et qu'est-ce que cela représente pour l'humanité et pour les enfants ? Comment est-ce que les pays progressistes transfèrent-ils leur savoir aux pays plus arriérés ? Est-ce que les enfants ont besoin de faciliter fonds et efforts pour aider ?

Ça m'a l'air très sérieux.

Les résultats de notre recherche seront basés sur de bonnes recherches scientifiques ; les conclusions, elles, seront basées sur les opinions des enfants. L'intensité basée sur la réalité. Il n'y a plus de temps pour la plaisanterie. Je suis persuadé que les enfants sont d'accord.

Vous semblez tirer d'un mélange éclectique de compétences, de l'art à la science et à la technologie, business, chansons et écriture de scénarios. Comment avez-vous réussi à acquérir tout ça ?

Et bien, je n'ai pas l'air si vieux que je ne parais ! C'est lorsque j'ai flirté avec le bon vieux 50 ans que j'ai pris conscience que je n'avais plus à prendre une ride. Je pense que c'est ma lotion pour le visage de mec. [rires] Ou peut-être un compromis génétique pour le fait que je n'ai absolument aucun sens de l'orientation. Bref, en traversant bien des années, j'ai fait tout plein de choses. J'ai longtemps travaillé en tant qu'artiste, c'est quelque chose qui m'habite au plus profond de mon être, je ne suis jamais autant à l'aise ou en vie que lorsque je crée. J'ai également un master en biologie de conservation et j'ai enseigné dans des universités en Californie et Hawaii, alors voilà. J'ai aussi travaillé comme manager de projets pour une startup télécom près de Silicon Valley, à écrire des plans d'affaires et des brevets, avec du papier blanc et toute sorte de choses liées au commerce. L'écriture de chansons n'est qu'une extension de cette ressource artistique. C'est quelque chose qui m'a toujours attiré et je m'y suis mis l'an dernier avec l'aide du musicien Michael Schallmayer, qui m'a généreusement laissé travailler un peu avec lui en studio. L'écriture de scénarios, ça remonte. Il y a environ un million d'année, j'ai écrit un script spéculatif pour X-files. Le premier était abominable. Le second, je l'ai apprécié, et il a d'ailleurs été demandé à deux reprises par la série pour révision. J'ai toujours cette lettre de Vince Gilligan, qui plus tard à fait la série Breaking Bad. Je suis ensuite venu en Autriche et j'ai abandonné tout ça pour élever mes enfants et faire autre chose. Mais des années après, j'ai commencé à enseigner la réalisation de films indépendants à l'école. J'ai été béni de pouvoir enseigner à des tas d'enfants talentueux et nous avons été récompensés de plusieurs prix nationaux. Nous avons même fait un documentaire sur les Nations-Unies et elles ont demandé à nous rencontrer et elles voulaient que j'en fasse davantage, mais ça n'a pas marché quand je leur ai dit que les enfants allaient développer leur propre vision, ce qui n'allait pas être nécessairement utile pour eux. Ma propre écriture de scénarios a prit un second souffle il y a quelques années quand j'ai réalisé qu'il me fallait un autre travail, j'ai donc commencé à faire des propositions. J'avais environ 12 réunions pour présenter mon travail, à Berlin, Vienne et Munich. J'ai presque décroché un contrat à deux reprises, mais ça n'a jamais marché pour une myriade de raisons différentes. Mais j'ai toujours su en me lançant là-dedans que c'était l'un des métiers les plus difficile à décrocher, ce qui constitue l'une des raisons pour laquelle j'aime autant ça. En ce moment, je présente deux films : Refuge, un drame, récit initiatique, à propos du violoniste d'un village en route pour le succès dont la vie devient compliquée suite à la rencontre d'un garçon réfugié, et Fishing Season, une comédie de village irrévérencieuse à botter les culs des entreprises. Contactez-moi si vous êtes un producteur et voulez un scénar. Je suis fin prêt.

Pourquoi est-ce que vous aviez besoin d'un autre travail ?

Je tiens tout d'abord à dire que je pense que l'Autriche est un pays merveilleux. La sécurité, bien plus au point qu'à Disneyland, les transports public, les frais médicaux abordables pour chaque citoyen. De bien des façons, je suis reconnaissant d'avoir atterri là suite à mes aspirations relationnelles accidentelles. Cependant, parce que je n'ai pas étudié dans le pays, mes diplômes ne sont pas vraiment reconnus.

C'est possible ?

Oui. J'ai deux fois le niveau d'éducation que les autres enseignants, mais je suis payé environ un tiers moins. Quand je suis arrivé en Autriche, ils ne voulaient pas accepter mes cours de botanique car les plantes en Autriche sont différentes de celles de Californie. [rires] Mais la vérité, c'est que j'ai toujours connu des avantages dans la vie jusqu'à ce que j'arrive en Autriche. J'ai eu une vie privilégiée et j'en suis extrêmement reconnaissant. Mais je pense qu'il est l'heure d'équilibrer tout ça, façon préjugé institutionnel, comme souvent. Si j'étais arrivé d'Angleterre, mon éducation non-autrichienne n'aurait pas été un problème. Parce que je suis Américain, je suis foutu. Alors tant pis. Mais le bon côté des choses, c'est que, aux vues de mon maigre salaire, si je ne suis pas payé je ne vois pas la différence. Je réalise ce projet sur mon temps libre car je n'enseigne pas aux enfants avec qui j'ai initié ça. Au final, je pense que les préjugés absurdes de l'Autriche me donne une sorte de liberté.

Le documentaire sur les Nations-Unies que les étudiants de Peder ont réalisé: https://www.youtube.com/watch?v=pbAKwqnJjFE

 

Vous êtes originaire de Californie. Comment avez-vous atterri si loin en Autriche ?

[rires] C'est une longue histoire. Mais croyez-moi, seule une très jolie femme aurait pu me charmer et m'enlever loin de mon océan, mes potes, le surf, et Santa Cruz. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Soyez attentifs à qui vous adressez la parole quand vous sortez, vous n'avez pas idée d'où vous allez atterrir. J'ai écrit un article à ce sujet pour le Good Men Project. Leur titre est bizarre, mais c'est un bel article sur l'honneur, l'amour, les détours inattendus de la vie, qui raconte que les meilleures choses dans la vie sont parfois juste sous notre nez.

Le projet pour Good Men Project: https://goo.gl/CkkBuX

 

Que vous réserve le futur ?

Si nous réussissons notre application FateChanger et notre sommet aux Nations-Unies, j'ai un plan encore plus grand pour faire entendre les enfants sur l'environnement. Il existe un programme « pretend UN » qui permet aux enfants de visiter les Nations-Unies et prétendre qu'ils y sont. Bien que ce soit un programme avec de bonnes intentions et passionnément prononcé, je pense néanmoins qu'il s'agit là de conneries. Les enfants éduqués sur certains enjeux sont bien plus intelligent, sagace et entreprenant que votre électeur lambda. Je souhaite que les enfants puissent se faire entendre de façon régulière et officialisée aux Nations-Unies en créant une application qui, comme FateChanger, fournit des outils interactifs, et toujours sans connerie chiante, des contenus intéressants pour les éduquer sur des sujets qui sont pertinents dans leur vies et un mécanisme pour sonder leurs opinions. Il serait nécessaire d'avoir un programme pour identifier, puis entraîner, et récompenser les orateurs éloquents et puissants qui les représentent, peut-être en travaillant avec des clubs de discussions reconnus ou même un télé crochet. Ça en fera des adorés des réseaux sociaux, permettant à leurs voix de se faire entendre du public et les rendant impossible à ignorer par les politiciens. Une plate-forme comme celle là devrait être évolutive et facilement incorporer d'autres problèmes critiques comme l'esclavagisme d'enfants, l'obésité des enfants, les inégalités environnementales et durables. Je pense que l'école devrait être plus « vraie ». Tout prendre en main pour croire en ces enfants qui méritent de participer à l'écriture de notre monde, et que leur inclusion va à la fois les responsabiliser et faire de ce monde un endroit meilleur. Les enfants devraient avoir leur propre siège à la table des Nations-Unies. Un grand siège taille adulte, aujourd'hui et pour toujours.